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Arbre à drabble... : douzième bouture.


Afin de faciliter la lecture du schmilblick et de susciter de nouvelles envies de jardinage, nous vous compilons ici une douzième histoire issue du défi L'Arbre à drabbles dont vous êtes le jardinier.

Cette entrée sera mise à jour à chaque ajout d'un nouveau drabble. De votre côté, vous pouvez continuer d'ajouter des suites dans le post principal du défi.

En revanche, toutes vos remarques et reviews concernant l'histoire en général, ou un drabble en particulier, sont les bienvenues en commentaires à cette entrée.

Si vous avez participé à la rédaction de cette histoire, n'hésitez pas à tracker ce post pour recevoir les commentaires de vos lecteurs !

Défi : L'arbre à drabble dont vous êtes le jardinier
Auteurs (dans l'ordre) : ys_melmoth, jufachlo, taraxacumoff, ys_melmoth, felisoph, archea2, ally_ashes, archea2, ally_ashes
Disclaimer : Les personnages appartiennent à l'heureuse JKR. Les situations et les péripéties appartiennent aux auteurs respectifs
Rating (susceptible d'être modifié selon la tournure des évènements) : G
Personnages : Regulus, Sirius

Ce couloir est d’une longueur absurde –quasi inhumaine, à l’échelle de cette trop vaste école.
Regulus avance sans un bruit, nimbé d’un silencio qui étouffe le claquement froid des chaussures sur la pierre, le bruissement de sa cape aussi noire que l’ombre dans laquelle il se faufile… jusqu’aux battements de son cœur qui semblent résonner follement à ses propres oreilles malgré tous ses efforts de maîtrise.
Ses doigts le conduisent, frôlant le mur, suivant les aspérités de la pierre, comptant les portes de bois sculpté. Il y est presque…
Puis soudain, un bruit de course, juste derrière lui, l’immobilise.

*

- Hey, vu !

Le cri de Sirius résonne dans le couloir. Encore trois pas, une glissade, et il se plante face à son frère avec un air très fier de lui.
Regulus est consterné.

- Chut. Je n’ai aucune envie d’être surpris à violer le couvre feu… encore moins avec un Gryffondor… et encore moins avec toi.

- un : Tous les profs sont en réunion au sommet chez Dumbledore. Les elfes ont préparé des petits fours. On a au moins deux heures devant nous. Et deux : si tu ne tiens aussi peu à ma présence, pourquoi m’as tu demandé de te rejoindre, alors ?

*

J’ai besoin d’un conseil.
-Demande à la vieille chouette…
-Mère n’aimerait pas ça… »
Regulus a rougit, ce qui amuse Sirius.
« Qu’est-ce qui est si étrange que tu aies besoin de me demander conseil à moi ?
- TucouchesavecLupin… »
La phrase a été jetée d’un ton haché, amenant Sirius au bord de la colère.
« Si tu es venu là pour me dire que c’est une abomination, tu peux remballer ton numéro de petit bigot !
- NON …Comment as-tu fait pour savoir ? Pour être sûr que tu étais gay ? Parce que je crois que…

*

L’embarras cédant peu à peu la place à l’exaspération, Regulus passe les cinq minutes suivantes à expliquer à un Sirius en plein déni que, non, il ne se paye pas sa tête, ni n’essaye de le manipuler pour quelque sinistre motif.
Cinq autres à essayer de lui faire comprendre que, non, il ne dit pas ça pour se rendre intéressant – bon sang, bougre d’idiot, essaye d’être au moins conséquent avec les insultes que tu me balances à la figure depuis près de quatre ans !

Un blanc dans la conversation… puis Sirius éclate soudain de rire. Un rire un peu saccadé…

- Hahaha ! Ses deux fils pédés, il y aurait de quoi envoyer la vieille à la tombe en trois mots !

Les poings du cadet se sont crispés, sa voix se tend d’une rage douloureuse.

- Ca n’a strictement rien de drôle, Sirius.

Le rire s’éteint, aussi brusquement qu’il s’était envolé. Les deux frères se regardent, dans un silence tendu…

*

Sirius observe son frère. Ils n'ont qu'un an d'écart et il perçoit entre eux une telle différence... Lui a déjà claqué la porte de Grimmauld Place, il a tourné le dos à sa famille, il a osé regarder Remus en face pour lui dire ce qu'il ressentait. Il a fait ses choix, il les assume, face au vent. Regulus est encore un gamin, soumis au diktat de leur dragon de mère, au regard sans merci du père... Il veut encore plaire, rester dans le rang, tenir son rang.

Comment supportera-t-il les regards mauvais dans son dos ? Les commentaires désobligeants, à peine voilés ? Les conversations qui s'arrêteront sur son passage pour reprendre en chuchotis une fois qu'il aura tourné le dos ? Malgré tout ce qui les sépare, il ne veut pas cela pour son petit frère. Alors il va faire un choix. Et l'assumer.
- "Tu te goures complètement petit roi. Tu n'es pas gay, tu es curieux. Comme tous les garçons de ton âge. Mais regarde les choses en face : tu as toujours rêvé d'une femme, d'une famille, tu as même flirté l'année dernière avec cette Serdaigle... Lorna ? Lydia ? Bref, tu vois l'idée...

*

Il avait presque oublié à quel point Sirius peut faire monter la colère en lui simplement en le contredisant. Hier, la colère cédait vite - à l'admiration, à la taquinerie, aux câlins fraternels, quand il suffisait que le plus jeune ait la voix qui tremble pour que l'aîné s'apaise et cherche un divertissement à la crise.

Mais il n'y a plus d'enfants. Il y a un adolescents qui n'accepte plus d'être diverti, surtout quand la tangente prend la forme d'un rappel à l'ordre, un de plus. Et qui s'efforce tant bien que mal de sortir les mots crus des grands garçons, pour attester qu'il a grandi.

- Ça t'arrangerait bien, hein? Que je joue ton rôle jusqu'au bout pendant que tu te fais passer pour un rebelle? Que j'aie la femme, la lignée, la famille, les responsabilités, pendant que tu jouis comme bon te semble? Eh bien pas de chance! Lyra - tu n'es même pas foutu de se rappeler ton nom - c'était pour être sûr. Et je suis presque sûr. Je...

Il se détourne.

- Laisse tomber, Sirius. Va retrouver Lupin, va lui raconter que ton petit frère t'aura copié jusqu'au bout. Moi je...

La main qui saisit son visage au menton le prend par surprise, comme le ton de la voix.

- Et si tu me disais plutôt de qui il s'agit, petit frère ?

*

Il se dégage d’un coup sec et fixe cet homme. Son frère. Un inconnu qui est le seul à qui il peut parler. Et il en a besoin après tant de nuits blanches. Avec un soupir il se lance.
- Tu ne le connais pas. Et de toutes façons, qu’est-ce que ça peut te faire ?

Sirius a un petit rire et secoue la tête.
- Tu n’as jamais su mentir. OK, que veux-tu savoir ?

Regulus reste coi : cette expression malicieuse l’a replongé des années en arrière, lorsque Sirius couvrait ses bêtises. Lui faire confiance paraît toujours aussi incongru, mais il a le sentiment qu’il ne le trahira pas.
- Je n’arrête pas de penser à lui, jour et nuit. Il ne s’en doute pas, mais je ferai n’importe quoi pour passer plus de temps avec lui. Et quand il parle avec quelqu’un…
- Tu es pris d’une crise de jalousie.

Sirius n’attends pas de confirmation. Il s’assied dos contre le mur et tapote l’espace à côté de lui. Lorsque Regulus est installé, il reprend la parole, les yeux dans le vague.

- Bienvenu dans les emmerdes… Et au fait : il s’en doute.
- Quoi ?

*

La main qui prend la sienne est sèche et chaude, étonnamment réconfortante. Sirius regarde toujours droit devant lui, et Regulus comprend que ce n'est pas par embarras, mais pour lui éviter, à lui, d'être embarrassé sous son regard. Cette délicatesse, après leurs débuts plus rudes, l'étonne et... l'embarrasse. Elle lui donne l'impression que son frère le traite comme s'il était fragile, une idée qui l'insupporte.

Il retire sa main d'un coup sec, mais c'est pour enfouir son visage dans ses paumes. Cette fois, Sirius ne bouge pas.

- Il s'en doute...
- Il est myope mais pas aveugle, Reg. Tu le couves du regard dans la Grande Salle comme si c'était lui, ton déjeuner.
- Oh, Merlin...
- Tu te retiens visiblement de l'applaudir quand il marque au Quidditch.
- Oh Merlin...

Sirius laisse soudain échapper un petit rire qui a tout du jappement.

- Il est comme un frère pour moi, mais ce n'est pas une raison pour te laisser obséder par lui, tu sais.

*

Regulus relève la tête et le fixe, sourcils froncés, prêt à lui démontrer par A plus B qu’il est en train de se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude, lorsqu’il aperçoit une crispation bien connue de sa lèvre supérieure. Avec un soupir volontairement sonore, il s’appuie à nouveau contre le mur, les yeux fixés sur un chandelier qui semble flotter au-dessus d’eux.

- Et maintenant ?

Sirius hausse les épaules. Il sait qu’il n’a pas à jouer la carte de l’ingérence. Il sait aussi que Potter prétend ne pas partager les mêmes goûts, et que la situation peut mal tourner pour Régulus.

- Maintenant, tu as plusieurs solutions.
Il étend une main devant lui et montre son pouce : « Attendre et laisser faire. Ça peut être long. ».
Son index : « Foncer et l’affronter. Risqué : il s’en doute mais je ne sais pas ce qu’il en pense. ».
Son majeur « Ou bien… »

Régulus l'écoute, impatient. Sirius laisse retomber sa main et se tourne brusquement vers son frère, essayant de lui faire comprendre à quel point il est sérieux cette fois : « Ou bien tu me fais confiance et tu me laisses lui parler ».


A SUIVRE


Vous souhaitez prendre la suite ? Le dernier drabble de l'histoire est ici

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