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L'arbre à drabbles : Deuxième bouture [Terminée]


Afin de faciliter la lecture et de faire naitre des envies de nouveaux bourgeons, vous trouverez ci-dessous la compilation d'une deuxième histoire issue du défi "l'Arbre à drabble dont vous êtes le jardinier".

Cette entrée a été mise à jour à chaque ajout d'un nouveau drabble par vos GO modos préférées.
Elle est désormais terminée mais il vous reste toujours la possibilité d'ajouter une fin alternative, dans le post principal du défi, en réponse à l'avant-dernier drabble

En revanche, vos commentaires, fleurs, bonbons, offrades voire suggestions concernant l'histoire sont plus que bienvenus dans les commentaires de cette entrée.

Si vous avez participé à la rédaction de cette histoire, n'hésitez pas à tracker ce post pour recevoir les commentaires de vos gentils lecteurs !

Ce préambule posé, place à l'histoire !



Défi : L'arbre à drabble dont vous êtes le jardinier
Auteurs (dans l'ordre) : ys_melmoth, felisoph, taraxacumoff, archea2, ys_melmoth, taraxacumoff, felisoph, archea2, ally_ashes, tama_abi, archea2, ys_melmoth,[info]archea2
Disclaimer : Les personnages appartiennent à l'heureuse JKR. Les situations et les péripéties appartiennent aux auteurs respectifs
Rating : PG13
Personnages : Regulus, Sirius, Minerva McGonagall, Remus, Peter, James 


Ce couloir est d’une longueur absurde –quasi inhumaine, à l’échelle de cette trop vaste école.
Regulus avance sans un bruit, nimbé d’un silencio qui étouffe le claquement froid des chaussures sur la pierre, le bruissement de sa cape aussi noire que l’ombre dans laquelle il se faufile… jusqu’aux battements de son cœur qui semblent résonner follement à ses propres oreilles malgré tous ses efforts de maîtrise.
Ses doigts le conduisent, frôlant le mur, suivant les aspérités de la pierre, comptant les portes de bois sculpté. Il y est presque…
 

Puis soudain, un bruit de course, juste derrière lui, l’immobilise.

L’adolescent a juste le temps de se jeter dans une salle dont il repousse la porte sans la fermer. Il garde l’œil collé à l’entrebâillement. Voir sans être vu, surveiller ses arrières, prévoir les coups de l’adversaire… Des expressions qui sont devenues son quotidien. Les pas sont tout près maintenant. Il retient son souffle, la main crispée sur sa baguette.

Les ombres passent, rapides. Il les a reconnues sans peine malgré la pénombre : la haute silhouette austère de McGonagall serrant l’épaule de son frère au visage défait.

Il hésite. Les suivre ? Poursuivre sa propre mission ?

*

La perspective de voir son frère se faire gourmander est trop forte : Regulus suit en tapinois.
McGonagall escorte le mauvais sujet jusqu’à son bureau et, merci Salazar, en laisse la porte entrouverte…
« Monsieur Black, je suis extrêmement désappointée… Vos plaisanteries ont été souvent de mauvais goût, mais rien n’a jamais atteint le niveau de ceci ! Si monsieur Pettigrew choisissait de ne pas vous le pardonner, je ne pourrais que l’approuver. »
Regulus n’a pas l’occasion d’en entendre plus. Une main se plaque sur ses lèvres, étouffant le cri que la présence dans son dos fait brusquement monter.

*

L’odeur est un premier avertissement. L’odeur âcre des cheveux, un peu terreuse, comme si Lupin trouvait le moyen de ramener la Forêt dans l’enceinte du château, avec ses ronciers et ses champignons, et ses terriers pleins de bêtes chaudes...

La main s’éloigne, cédant la place à une voix très basse.

- Je te conseille de ne pas bouger.

Dans le bureau, les voix sont plus élevées.

- Jeter une Collaporta au visage de votre camarade ! Saviez-vous qu’il y avait un risque sérieux qu’il s’étouffe ? M. Black... je ne dois pas vous cacher que nous songeons sérieusement à vous éloigner de Poudlard.

*

« Ne pas bouger » , Lupin en a de bonnes ! Comme s’il tenait, en cet instant, à attirer sur lui l’attention d’un professeur… L’impatience est un moyen excellent de tromper le trouble très vague et importun qu’insinuent en lui cette odeur, cette chaleur, cette voix un peu rauque.

Puis la menace de McGonagal l’atteint en pleine poitrine, et pour un instant il ne pense à rien d’autre. Sent à peine le tressaillement de Lupin, derrière.

Son frère, renvoyé…
Exactement ce qu’il pourrait souhaiter, n’est-ce pas ? Alors pourquoi ce sentiment d’urgence, de catastrophe imminente, l’emporte-t-il sur tout relent de satisfaction malsaine ?


*

« Viens. »
Lupin a murmuré et l’entraîne, dérobant à l’ouïe de Regulus le sermon de McGonagall.
« Mon frère….
—Aura encore plus d’ennuis si nous sommes pris ici. »
Regulus se dégage avec force.
« Tu n’as pas l’air bien inquiet ! Elle a dit qu’elle voulait le virer !
— Elle le dit trois fois par mois. D’habitude, elle fouille le dortoir, après. Dans sa malle, il y a quelque chose qu’elle ne doit pas voir. »
Regulus comprend tout de suite.
« Et seul un Black peut l’ouvrir. »
Le Gryffondor acquiesce et répète : « Viens. » 


*

Quiconque à Poudlard verrait ces deux élèves se glisser ensemble dans les couloirs croirait avoir abusé du whisky pur-feu. Regulus Black et Remus Lupin, les deux adolescents les plus dissemblables qui soit pour la première fois tendus vers un même but. Ils arrivent devant le portrait de la grosse dame et Regulus s’immobilise brutalement. Par Salazar, il ne peut pas faire ça ! Après tout, quelle importance si son frère est jeté dehors ? Il aura enfin la paix.

D’une bourrade, Remus le remet en marche.
« Inutile de fomenter un plan tordu de Serpentard, je ne te lâcherai pas et tu vas m’ouvrir cette malle ! »

Il prononce le mot de passe à voix haute. Ces idiots de Gryffondors ne prennent vraiment aucune précaution… Malgré lui, Regulus se laisse aller à la curiosité. Il n’est jamais entré chez les Rouge et Or. Leur salle commune est vide à cette heure avancée mais, éclairée par les braises rougeoyantes, elle reste chaleureuse, bien plus désordonnée que celle de sa maison, cependant. Il grimace devant les malheureux livres abandonnés ouverts et cornés. Lupin l’attrape par le coude.
« Par là. » Il désigne l’escalier du menton.


*


Le dortoir est presque une déception : identique au sien, au changement de couleur près (comment parviennent-ils à dormir avec tout ce rouge et or autour d'eux? Merlin, on croirait une maison de tolérance...).

Remus le tire par le bras jusqu'au lit à baldaquin où Regulus reconnaît les affaires de son frère - un pull qu'il mettait encore à la maison l'été dernier, et cette vue lui vaut un curieux pincement de coeur. Deux paquets de biscuits ouverts. Un livre moldu dont il n'a pas le temps de déchiffrer le titre : Remus lui désigne déjà d'autorité la malle de Sirius, dont l'écusson Black, écorné par quelques sorts, reste bien visible sur le couvercle.

- Tu sais ce que tu as à faire.

Regulus le sait, oui. Il s'agenouille devant l'objet, pose une main sur le corbeau central et murmure : Unus vostrum sum, heri, cras, hodie.

Le couvercle pivote en silence vers l'arrière. Regulus cligne des yeux devant le capharnaüm d'objets qui apparaît aussitôt. Lupin, plus rapide, plonge une main et ramène un cahier, mais pousse un cri de douleur au moment où sa main touche l'objet.

- Tu n'es pas un des nôtres, dit Regulus en haussant les épaules. Si tu veux le cacher, c'est moi qui dois le prendre en main. Qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur qui te fait paniquer comme ça? 


*

Lupin le jauge du regard, indécis. Il sait pourtant qu’il n’a pas le choix : Mc Gonagall oblige systématiquement Sirius à ouvrir cette malle. Jusqu’ici le cahier n’avait rien de dangereux, un début de journal intime, les coordonnées de quelques jolies Gryffondor…
Mais depuis peu Sirius y consigne tout ce qu’il peut trouver sur les animagi, dans les moindres détails. N’importe quel imbécile pourrait comprendre leur projet, et Mc Gonagall est loin d’être une imbécile.

Il ignorait cependant que seul un Black pouvait se saisir du cahier : il a fait une erreur en amenant Regulus ici et doit le faire partir au plus vite.
- Mets-le au fond de la malle, sous d’autres cahiers.
- Primo je n’ai aucun ordre à recevoir de toi, secundo j’ai posé une question. J’attends.
- C’est une liste de tous nos mauvais coups. Une longue liste. Ce cahier, c’est « renvoi immédiat » et « opprobre sur le nom de Black », pack deux en un.

Regulus est prêt à répliquer lorsqu'il entend des bruits de pas. Il dissimule le cahier et referme la malle tout en cherchant une explication sur sa présence dans ce dortoir…


*

Plus les bruits approchent, Regulus commence doucement à paniquer et Lupin cherche désespérément une cachette lorsque des voix se font entendre… Des chants, plutôt.
« Et les gryffondooooooors partirent va-vaillaaamennnnnnnnnnt à l’aventuuuuuuuuuuuuuuureu contre les vilains serpeeeeeeeeeeeeeeeeeeeents »
« Chuuuteuh, on va-va-va nous entendre »
Un gloussement.

La porte s’ouvrit brusquement sur un James Potter complètement rond, suivi d’une myriade de Gryffondors encore plus ronds, des bouteilles pour la plupart vides à la main, qui, dans une débandade du plus bel effet, s’écroulèrent, les uns sur des lits, les autres par terre, pour s’endormir presque aussi soudainement dans ce qui devint bien vite un concert de ronflement sonore.

Remus et Regulus, lequel venait de comprendre l’étrange absence de dormeurs dans le dortoir, sortirent de leur état d’hébètement, et le premier saisit la main du second (il avait la main étrangement brûlante) et le tira vers la porte en chuchotant :
« Viens »


*

Encore faudrait-il pouvoir gagner la porte, quand un Peter Pettygrew - plus noirci que l'histoire ne saura jamais le faire étend les bras en croix, planté sur le seuil, en glapissant King of the Wooooorld!

Regulus essaie de secouer le poignet de Remus pour saisir sa baguette, restée dans la poche de sa robe, quand Peter l'aperçoit. Plissant des yeux, il s'exclame d'une voix bredouillante :

- Sssss... Sssss...

Regulus a toujours pensé que Pettygrew avait sa place naturelle à Serpentard.

- ... Ssssiriuss! Elle t'a lâché, la vieille Macdo? J'voulais lui dire, moi, que c'était une blague... le Cole Porter... euh, le Polard culte... euh...

- Lui a fait du gringue, qu'esssvous croyez! lâche Potter depuis le plancher où il se vautre complaisamment. Et elle l'a laissé repartir avec son amoureux! Si c'est pas mignon! Eh, 'Mus, ça vaut un bisou, ça!

Le raidissement soudain de Lupin à ses côtés n'aide pas Regulus à se détendre, surtout quand un choeur de Bacchantes masculines, entrecoupé de hoquets, reprend aussitôt : "Un bisou! Un bisou!"



*

Ils s’en tirèrent, finalement, sans bisou, lorsque Remus eut la bonne idée de se reprendre, d’enrouler un bras autour de la taille d’un Regulus au bord de l’implosion, et de s’armer de son plus charmant sourire pour déclarer à ses camarades qu’ils préféraient faire ça en privé.
Après quoi, ils profitèrent du déséquilibre éthylique de Pettygrew pour l’écarter sans douceur de la porte, sceller celle-ci dans leur dos d’un collaporta pour le coup bien dirigé, dévaler l’escalier, et n’interrompre leur course qu’au détour discret d’un couloir.
Où ils songèrent enfin à se dépêtrer l’un de l’autre, d’un air terriblement gêné.

C’est finalement Regulus qui brise le silence, d’une voix calme, très calme :

- Lupin. Le coup de l’amoureux, c’est juste une élucubration d’ivrogne, n’est-ce pas ?

- C’est… (Un temps d’hésitation, puis l’adolescent assène, avec une étonnante fermeté :) Non.

- Oh.

Un silence.

- Si j’apprend que Sirius a eu le moindre problème parce que tu as parlé de ça…

- Tu iras dire à tout le monde que je suis un infâme personnage ? (Un soupir) Tu peux dormir sur tes deux oreilles, Lupin. Mais en échange…

Regulus se penche légèrement vers l'autre garçon, un petit sourire au coin des lèvres.

- En échange ?

*

- En échange... (Regulus prend une longue respiration et appelle sur lui la protection de Salazar Serpentard et tous ses ascendants mâles)... je te laisse un choix. Ou je remporte ce cahier avec moi, dans mon dortoir...

Lupin le regarde en montrant les dents. Regulus sent son coeur s'embuer d'un mélange curieux, mi-panique mi-plaisir alors qu'il se rapproche d'un pas pour chuchoter la fin du chantage à l'oreille de Remus.

- ... ou tu donnes satisfaction à tes camarades. Là. Maintenant.
Le regard d'ambre se fait soudain stupide. Lupin cligne des yeux.
- Tu.. tu veux que je...
- Je veux que tu m'embrasses comme tu l'embrasses, lui.

Le silence se prolonge dans le couloir, jumeau de celui où ils se sont croisés. Remus, sans quitter Regulus des yeux, passe la langue sur ses lèvres sèches.

- Pour que tu montres ce souvenir ensuite?
Regulus hausse les épaules.
- Tu crois vraiment que j'en tirerais un bénéfice, d'aller dire que j'embrasse un Gryffondor? Quant à Sirius, tu n'aurais qu'à lui dire que je t'ai... forcé la bouche.
- La stricte vérité.

Regulus sourit sans répondre. Dans la pénombre, il sait que ses cheveux ont l'air plus sombres, ses yeux plus clairs, et il se redresse de toute sa taille. Il sent l'hésitation de Lupin, palpable. Puis soudain, deux mains encadrent son visage et il y a une bouche contre la sienne, durement. Regulus sait qu'il a oublié comment on respire. Il sent la sueur de Lupin contre ses pommettes, l'odeur de Lupin, terre noire et musc blanc, puis la langue de Lupin force la couture de ses lèvres et Regulus sent l'air lui manquer pour de bon. Les yeux fermés, il rend la caresse et il lui semble qu'il tombe tout entier dans cette cavité sombre d'où émergent toutes les sensations qui gagnent son corps. Puis il est repoussé contre un mur, tenu un instant aux épaules et Lupin le regarde avec un visage indéfinissable.

- Tu remettras ce cahier demain dans sa malle, puisque tu connais notre mot de passe. Bonsoir, Black.

Puis il se détourne pour remonter le couloir. Regulus, immobile, regarde le dos un peu trop droit s'éloigner. A l'extrémité du couloir, devant l'escalier, Lupin se retourne.

- Et ceci... reste entre nous.

Les minutes passent. Seul, Regulus sait qu'il doit retourner dans son dortoir, lui aussi, et affronter ceux de ses pairs qui ne se sont pas endormis en attendant son retour. Il ne bouge pas.

... entre nous.

Les premières blancheurs de l'aube se frottent à la pierre des murailles quand il se remet en marche.

FIN 

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