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Défi : 1ère manifestation de magie - La crainte du cracmol

Titre : La crainte du Cracmol

Disclaimer : l’univers et les personnages appartiennent à JKR, la situation décrite à mon imagination

Rating : G

Type : Ficlet

Personnages : Sirius, Phineas Black (guests : Bellatrix, Narcissa, Andromeda, Kreattur)

Nombre de mots : 3396 (selon word, mais là, je renonce à compter, je vais lui faire confiance !)

Notes : L’action se déroule en 1965. Suivant les informations disponibles sur la famille Black dans l’encyclopédie HP, Bellatrix a 14 ans, Andromeda en a 12, Narcissa, 10. Sirius a donc 5 ans et Regulus 4.

Attention, comme je suis une affreuse bavarde, LJ refuse de prendre le texte en une fois. Le début est donc sous cut ci-dessous et la suite en commentaire !

« … sauf si vous êtes Cracmols, évidemment ! »

 

Le mot avait sonné autant comme une insulte que comme une menace dans la bouche de Bella. Ses sœurs avaient dévisagé les deux garçons abasourdis avec un mélange d’effroi et de répugnance, comme si ce simple mot venait de les transformer en une créature à mi-chemin entre le ver de terre et le cafard. Puis le jeu avait continué et les deux ainées avaient rivalisé d’adresse pour montrer à leurs cousins tout ce qu’on était capable de faire lorsqu’on avait la chance d’être admis à Poudlard.

 

Plus tard, lorsqu’ils se retrouvèrent seuls, Regulus tira sur la manche de son frère :

-          « C’est quoi Cracmol ? »

 

Sirius hésita : il n’aimait pas avouer son ignorance devant son cadet, aussi opta-t-il plutôt pour l’action.

-          « Suis-moi, on va le découvrir ! »

 

A pas feutrés, les garçons se glissèrent jusqu’à la cuisine qui leur était pourtant interdite. Les elfes se récrièrent en voyant arriver les-jeunes-maitres-qui-ne-devaient-pas-être-là-quelle-catastrophe. Ils allaient tout de suite se trouer les oreilles à coups de fourchette pour ne pas les avoir empêchés de descendre. Habitués aux réactions un brin excessives des elfes, les enfants ne s’en formalisèrent pas et Regulus s’adressa à Kreattur d’une voix cajoleuse pendant que Sirius profitait du chaos pour chaparder quelques biscuits, une bonne aventure ne pouvant se concevoir sans ravitaillement pour les troupes.

-          « Kreattur, qu’est ce que c’est cracmol ? »

 

Les oreilles de l’elfe frémirent, ses yeux s’agrandirent comme deux grosses billes où se lisaient la panique. Il se mit à secouer la tête comme un automate, proche de l’hystérie :

-          « Maitre Regulus ne doit pas dire ça. Il ne faut pas y penser. Maitre Regulus va amener le malheur sur lui ! Ce serait tellement terrible, Maitresse Walburga serait tellement en colère. C’est sûr elle trouverait un moyen d’accuser les elfes pour ça et de les punir ! Oh et maintenant, Kreattur vient d’accuser sa maitresse d’être injuste. Kreattur va tout de suite se coincer les doigts dans la porte du four pour.. »

 

Faisant écho aux propos alarmistes de Kreattur, une cacophonie de plaintes s’éleva  alors que les elfes se frappaient la tête, se tordaient les mains, commençaient à pleurer pour certains. Fourrant quelques gâteaux supplémentaires dans ses poches pour faire bonne mesure, Sirius tira Regulus vers la sortie :

-          « Viens, ils ne nous diront rien ! On va trouver autrement. »

 

Laissant une cuisine dans un état de chaos difficilement descriptible, ils entamèrent un repli discret vers l’étage. Le cerveau de Sirius tournait à plein régime. La panique des elfes l’avait dissuadé d’aller demander des explications à l’un de ses parents. Il refusait de perdre la face devant ses trois pestes de cousines qui étaient pourtant habituellement une source intarissable d’explications concernant la magie car elles adoraient démontrer qu’elles en savaient plus que les deux garçons. Restait la bibliothèque, mais les enfants n’avaient pas le droit d’y pénétrer seuls et, pour téméraire qu’il soit, Sirius n’était pas fou et il savait que des sortilèges puissants décelaient la moindre intrusion. Il avait un souvenir encore à la fois trop frais et trop cuisant de la dernière colère de sa mère pour s’aventurer par là. Les pistes étaient donc maigres !

 

Ils arrivaient devant la salle de jeux quand la petite main de Regulus tira sur à nouveau sa manche. Sirius se tourna vers lui et rencontra un regard réprobateur.

-          « Tu ne m’écoutes pas ! »

 

Sirius lui offrit un sourire vaguement contrit.

-          « Je réfléchissais à un plan ! »

 

Regulus opina vigoureusement du chef

-          « Mais c’est de ça que je te parle ! Pourquoi on ne demande pas au portrait du Directeur Black ? Il sait un tas de choses, lui. »

 

Un peu vexé de ne pas avoir eu lui-même l’idée, Sirius chercha sans succès un argument en sa défaveur. Beau joueur, il finit par acquiescer :

-          « D’accord. Vous avez gagné votre part du butin, Lieutenant ! »

 

Et il cassa un biscuit en deux, enfournant la première moitié tout en tendant la seconde à Regulus.

 

Tout en riant, les deux enfants galopèrent dans les couloirs jusqu’à parvenir au palier du troisième étage au mur duquel trônait l’imposant portrait de leur ancêtre. Accroché face au grand escalier, Phineas Nigellus Black dominait de son air austère toute la maisonnée et profitait de cette situation idéale au cœur de la maison pour être au courant de l’ensemble des évènements se déroulant au 12, square Grimmauld. Par chance, ce jour-là, l’ancien Directeur de Poudlard était dans son cadre et semblait s’y ennuyer ferme. Les garçons hésitèrent un instant, piétinant à quelques mètres de la toile, se poussant du coude, ferraillant à mi-voix :

-          « C’est ton idée ! »

-          « Mais c’est toi le plus grand. Tu veux toujours être le chef d’habitude ! »

-          « La taille n’a rien à voir là-dedans »

-          « Tu es plus grand en âge aussi. »

-          « D’accord, on partage : tu attires son attention et je pose la question. »

 

Regulus hocha lentement la tête avant de faire courageusement un pas en avant tout en s’éclaircissant la voix :

-          « Hum… Euh… Bonjour Monsieur le Directeur. »

 

Phineas Black tourna vers eux un regard sévère et perçant :

-«  Tiens donc, les deux derniers trouble-fêtes en date de la Noble et Très Ancienne Maison des Black… En quête d’une nouvelle bêtise, sans doute ?

 

La question fut posée en fixant plus spécifiquement Sirius, plus versé dans cet art que son cadet. Ce fut cependant Regulus qui répondit, d’un ton où perçait un peu de d’orgueil blessé.

-          « Mais non, Monsieur ! Nous cherchons à comprendre… Quelque chose. »

 

Il lança un coup d’œil incitatif à son ainé qui regardait le tableau d’un air de défi. Sirius prit une grande inspiration et se jeta à l’eau :

-          « On veut savoir ce que c’est cracmol. »

 

Le regard perçant de Phineas ne les quittait pas tandis qu’il les jaugeait sans un mot. Malgré tout soulagé de ne déclencher aucun hurlement par son interrogation, Sirius retrouva son aplomb et exposa en quelques mots leur jeu et les paroles cryptiques de Bella. Dans sa toile, le Directeur Black haussa un sourcil en se disant qu’il serait intéressant de voir grandir cette gamine au talent si parfaitement consommé pour la méchanceté gratuite et la menace voilée. En quelques phrases claires et sans fioritures, il expliqua aux deux frères ce que recouvrait le terme tant dans son acception générale qu’en leur exposant le poids de l’infamie que cela représentait pour la dynastie Black. Suspendus à ses lèvres et pour une fois muets, les garçons buvaient ses paroles. Lorsqu’il termina son discours, un épais silence plana pendant un moment sur le palier. Regulus finit par le rompre d’une petite voix préoccupée :

-          « Et comment on sait si on est… Enfin… Si on l’est ? »

 

Sirius leva les yeux au ciel : son frère n’arrivait même plus à prononcer le mot. Certes, le portrait que venait de leur dresser leur aïeul avait de quoi inquiéter,  mais le terme cracmol lui-même n’avait pas de pouvoir magique, enfin ! Crânement, il croisa les bras et fronça les sourcils.

-          «  Comment elles ont su, les filles, qu’elles n’étaient pas cracmol ? Quand elles ont reçu la lettre de Poudlard ? Et alors, Narcissa, comment elle sait ? Elle n’y est même pas encore, à Poudlard, même si elle fait la maline tout le temps à cause de ses sœurs ! »

 

La vindicte du gamin amusa secrètement Phineas qui enfouit consciencieusement son sourire sous les pigments pour répondre d’un ton docte.

-          « Evidemment non, jeune sot. La lettre pour Poudlard n’est qu’une confirmation. Crois-tu vraiment qu’un sorcier digne de sa lignée attende d’avoir onze ans pour faire la preuve de ses capacités ? »

 

Vexé, Sirius faillit répondre vertement mais son frère le prit de vitesse. L’air résolu, il fit un pas de plus vers le tableau et opta pour la petite voix qui savait si bien attendrir la plupart des adultes :

-          « Vous voulez bien nous dire comment il faut faire, Directeur ? »

 

Le portrait posa un regard circonspect sur les deux microbes à ses pieds. Il prit le temps de peser le pour et le contre. D’un côté, il pouvait simplement leur dire que lorsque le moment viendrait, leur magie se manifesterait d’elle-même. De l’autre, si l’un d’eux devait s’avérer être dépossédé de pouvoirs, il valait mieux le savoir le plus tôt possible afin de prendre les dispositions nécessaires. Il n’osait imaginer la réaction de sa volcanique descendante si elle découvrait qu’elle avait engendré un cracmol ! Cette dernière pensée, assez divertissante de son point de vue, finit de le convaincre. D’une voix posée et lente, il leur expliqua.

-          « Les premières manifestations de magie sont instinctives. Vous savez ce que veut dire instinctif au moins ? »

 

Deux têtes oscillèrent de droite à gauche à toute vitesse. L’ancien Directeur soupira… Qu’apprenait-on aux gosses désormais ? Certainement pas le vocabulaire…

-          « Instinctif c’est lorsque vous faites quelque chose sans y penser, sans l’avoir appris. »

 

La voix flûtée de Regulus s’éleva, un peu hésitante :

-          « Comme quand Sirius vole des cookies dans la cuisine ? »

 

Son frère lui balança un coup de coude et un regard noir. Ils se chamaillèrent quelques secondes avant que la voix de Phineas gronde, emplissant tout l’espace autour d’eux. Ils se turent aussitôt et le patriarche put reprendre.

-          « C’est un peu différent du vol de cookies, Regulus. Il faut vous souvenir que ce n’est pas quelque chose qu’on décide. Ca arrive comme ça, naturellement. Et je doute que ce soit le cas lorsque vous pillez la cuisine. » Le ton se voulait sévère mais les lèvres s’étirèrent en un mince sourire.

 

Ce fut au tour de Sirius de prendre la parole pour vérifier qu’il avait compris autant que pour faire oublier cette histoire de gâteaux :

-          « Alors c’est comme quand on ferme les yeux parce qu’Oncle Cygnus fait apparaître des dragons qui crachent des vraies flammes et qu’on a juste un peu peur ? »

 

Cette fois le sourire se fit plus franc. Ces gamins ne manquaient pas d’une certaine jugeote visiblement, ce qui rendait d’autant plus intéressant la question de leur potentiel magique. Phineas reprit son exposé.

-          « C’est à peu près ça. On peut avancer maintenant ? Sinon vous ne saurez jamais ! » Les petits hochèrent la tête vigoureusement sans un mot. « Bien. Donc, la magie se fait sans décider. En général, les premières fois où elle apparaît c’est en raison d’une émotion violente. Pour certains ce sera la colère, pour d’autres la peur, pour d’autres encore une très grande tristesse. On ne peut jamais prévoir ce qui fera apparaître la magie, mais dans une situation où le jeune sorcier en a vraiment besoin, elle est là. »

 

Les deux frères restèrent un moment silencieux, repassant dans leur tête ce qu’on venait de leur expliquer. D’un ton un peu absent, Sirius reprit, mi-dubitatif, mi-inquiet :

-          « Je suis souvent en colère et je n’ai jamais fait de magie ! Et Regulus a souvent peur et il n’a jamais fait de magie »

 

Une protestation étouffée s’éleva à sa gauche mais mourut aussitôt que Phineas reprit la parole.

-          « Il faut des émotions très fortes, Sirius. Quelles qu’aient été tes colères jusqu’ici, elles restent des petites rages enfantines. Il en va de même pour les peur de Regulus, et les tiennes. Aucun d’entre vous n’a vraiment expérimenté l’effroi jusqu’ici. Vos parents, vos elfes, vos nourrices vous ont toujours protégés. »

 

Il se félicita mentalement d’avoir su garder pour lui le trop qui lui avait brûlé les lèvres et observa les enfants. Une seule petite année d’écart, des bouilles terriblement semblables : même tignasses brunes, regards gris quasi identiques, port de tête et forme de visage indéniablement Black, et pourtant du haut de leur poignée d’années, il percevait déjà une nette différence entre les deux. Sirius, plus téméraire mais aussi moins réfléchi, serait une tête brûlée et il souhaitait bien du plaisir à son successeur à Poudlard dans quelques années. Regulus était plus posé, sans doute moins courageux mais peut-être encore plus opiniâtre. Une fois que ce gamin aurait décidé quelque chose, il deviendrait difficile de le détourner de son chemin. L’avenir promettait d’être intéressant à observer…. Pour peu qu’aucun des deux ne s’avère être cracmol, évidemment.

 

Regulus leva à nouveau la tête vers lui. D’une petite voix cherchant la confirmation de son affirmation, il asséna :

-          « Alors il faut qu’on ait très peur. »

-          « C’est une possibilité, en effet. »

-          « Mais on ne peut pas décider d’avoir peur ! »

-          « Il va vous falloir trouver une solution. Ou vous résoudre à attendre que ça arrive tout seul, dans ce cas. »


 

Tags: auteur : felisoph, défi : 1e manifestations de magie, ficlet, kreattur, oneshot, phineas black, sirius, walburga
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